Vie quotidienne

Noel : un succes medieval.

Les Fêtes approchent… Et derrière cette expression chacun aura compris les fêtes de Noël et de Nouvel an. Pourtant de plus en plus rares sont ceux qui célèbrent Noël dans sa dimension originelle : c’est-à-dire religieuse.

Aujourd’hui, c’est le 6 décembre [Ndlr : indépendamment de la date de publication ce jour, biensûr] alors l’envie me vient de m’ arrêter sur un personnage, emblématique de nos jours, « le père Noël » mais qui a volé la vedette au jeune premier « le petit Jésus »

Alors d’où vient ce « bon homme », au sens propre et premier du terme vous en conviendrez.

L’origine du Père Noël.

Certains objecteront “Pas du moyen-âge en tout cas!”  parce que le père Noël actuel en rouge et blanc, beaucoup le savent c’est un concept marketing d’une célèbre marque de liquide gazeux caféiné né en 1931.

C’est vrai, je vous l’accorde, cette image là n’est pas médiévale ! Cependant, le personnage en lui-même, ce généreux donateur de “petites douceurs” pour enfant sage oui! Sauf qu’on ne l’appelle pas Père Noël mais St Nicolas ou St Martin.

Et eux, c’est au XIIème et XIIIème siècle qu’ils apparaissent!

St Nicolas est un saint d’Asie Mineure du IVe siècle, ses reliques furent d’abord ramenées par des Italiens de la ville de Bari. Puis un chevalier lorrain revenant des Croisades rapporta, de ce petit coin d’Italie une phalange du saint, vers sa Lorraine natale. Voilà ce qui concerne la réalité mais, comme toujours, la vie des saints est pleine de récits légendaires.

De toutes les légendes qui accompagnèrent St Nicolas, une seule perdure : celle des petits enfants (ou trois saints hommes selon les versions) tués, mis au saloir et ressuscités. Il n’en fallait pas plus pour en faire le patron des petits enfants, puis des écoliers. La date de sa mort, où l’on fêtait ce saint, tombant le 6 décembre cette proximité avec la fête de Noël va concourir à la confusion.

Les saints ayant tous vocation à servir de modèle, en matière de petits enfants, on ne pouvait dès lors retenir que les enfants sages. Eux seuls étaient donc récompensés par des sucreries, un vrai cadeau pour l’époque où le sucré ne dominait pas le régime alimentaire comme de nos jours.

Le père Fouettard, dit-on, apparaît plus tard vers 1550. Quand Charles Quint assiège Metz, on y brûle son effigie : il n’en faudra pas plus pour en faire un « croquemitaine ».


Les traditions autour de St Nicolas.


Les enfant laissent leurs souliers auprès de la porte ou de la cheminée, avec un verre de lait ou de vin et une carotte pour la mule qui porte le saint et, bien sûr, en remerciement ce dernier dépose des sucreries.

Mais par chez moi, dans les Flandres françaises, les enfants sont gâtés par un autre saint homme qui vient leur offrir des douceurs. C’est St martin mais, fêté au 10 novembre, il va vite être éclipsé par St Nicolas sauf dans les Flandres francaises et en Picardie. Qui dit saint, dit légende et celui-ci n’en est pas dépourvu.

St Martin, évangélisant les terres de Flandres, perd son âne près d’un lieu qui s’appellera ensuite Dun kirke ( église de la dune). Il demande à des enfants de l’aider.  Il fait bientôt nuit, et les ceux-ci prennent des raves, les creusent et y mettent une lumière ( ça ne vous rappelle rien ?!). Ils retrouvent alors l’âne dans les dunes et, pour les remercier, St Martin change le crottin de son âne en friandises : “les craquandoulles”.

Depuis les enfants, au 10 novembre passent dans les maisons pour recevoir des friandises en échange d’une chansonnette, on fait aussi un concours de la plus belle lanterne.

St Nicolas traverse l’atlantique et revient en Père Noël.

Si, en Europe, jusqu’à la Seconde guerre mondiale c’est St Nicolas le principal donateur de cadeaux, aux Etats-Unis les choses sont différentes.

Tout commence avec le flot des émigrants hollandais du XVIIème siècle, qui fondent la ville de  New Amsterdam, future New York, et qui y apportent leurs traditions : en l’occurrence leur SINTER KLAAS  (à noter que la Réforme n’avait pas réussi à supprimer le culte de ce saint là. ) qui va devenir Santa Klaus. Et si le folklore autour du père Noël nous semble si XIXème siècle, c’est qu’il a pris son essor à cette période.

Tout commence en 1821, un pasteur américain C.C Moore écrit un conte de Noël où il imagine un personnage inspiré de St Nicolas mais, sans mître et sans âne. Il le fait jovial avec un bonnet et des rennes et sans Père Fouettard.

En 1823, cette histoire est publiée par la presse américaine et largement relayée à l’étranger.

En 1860, un caricaturiste traduit tout cela en image.

En 1885, divers auteurs lui crée un univers : maison, fabrique…

et voila comment notre Santa Klaus est devenu Père Noël!

Pourquoi Noël au 25 décembre?

Non, le petit Jésus de Nazareth n’est pas du signe du capricorne!

On ignore son jour de naissance et même son année, peu importe car dans cette célébration ce qui compte c’est l’évènement, pas la date. Et l’évènement en question, pour les Chrétiens, est perçu comme la lumière d’un jour nouveau qui s’élève dans une humanité endormie. Alors quoi de plus normal que de choisir le soltice d’hiver quand les jours rallongent .

Et, bien sûr, que cela coïncide avec une grande fête païenne celle de Mithra le sol invictus (soleil invaincu) tout le monde pensera que ça n’ a rien à voir… quoique…

On notera quand même  :

- le fait que Mithra renaisse sous la forme d’un nouveau né, en jaillissant d’une grotte sous le regard de bergers.

- que de nombreuses fêtes païennes liées à la maternité,la fertilité avaient précédemment choisi cette date.

- que cette période de l’année dans les anciennes civilisations semblait déjà marquée par l’échange de cadeaux.

On retrouve plus ou moins ces caractéristiques, que cela soit : avec les Saturnales romaines, avec Odin le nordique drapé d’une grande cape allant de foyer en foyer, avec Julnisse le lutin norvégien, avec Gargan le géant celte à la hotte remplie de cadeaux… Troublante coincidence non !

Tout cela semble avoir influencé les récits d’Evangiles dans l’intention de faire accepter plus facilement ces nouvelles célébrations chrétiennes.

NOEL une évidence ?

Cependant ne vous leurrez pas, ce n’est pas parce qu’un pape décide, au IV e siécle ,de mettre Noël au 25 décembre, que tous célèbrent dès lors la naissance de Jésus. En fait, il faudra trois siècles à cette célèbration pour trouver sa place et deux siècles encore pour qu’elle se généralise.

C’est donc au Moyen-Age que Noël prend toute sa dimension.  Jusqu’alors, les principales fêtes avaient été : Pâques et Pentecôte.    J’ajoute que ces deux dernières sont sur un calendrier lunaire alors que Noël est sur un rythme solaire ce qui n’a pas été pas sans poser problème.

Noël au Moyen-âge.


C’est à cette époque que se forme le mot Noël, de l’expression latine Dies Natalis. C’est ce dernier mot qui, de natalis, va passer à nael, mot apparu en 1120, qui va évoluer en Noël en 1175.

Mais on dit aussi que le latin n’y est pour rien dans cette histoire et qu’en gaulois pour parler de la renaissance du soleil au soltice d’hiver on disait Noio et Hel (car en breton nouveau = neuez et soleil = hed). Libre à chacun d’y faire son choix, personnellement j’ai un faible pour la version celtique.

En 425, Noël est codifiée dans ses cérémonies par Théodose, la messe de minuit se célébre déjà. Au VIe siècle, en 506, la fête devient obligatoire et en 529 Justinien en fait un jour chômé.

L’importance qu’a pris cette date est notable au fait que l’on commence à la choisir pour des évènements marquants ainsi : le couronnement de Charlemagne, celui de Guillaume le conquérant, le bapteme de Clovis ont tous eu lieu un jour de Noël.

Au VIIème siècle,  les 40 jours qui précèdent Noël deviennent les « 40 jours de saint Martin », en l’honneur de saint Martin de Tours.

La fête de Noël continue progressivement à se répandre en Europe : fin du Ve siècle en Irlande, au VIIe siècle en Angleterre, au VIIIe siècle en Allemagne, au IXe siècle dans les pays scandinaves, aux IXe et Xe sièclesdans les pays slaves.

Vers l’ an Mil sous impulsion de l’Église la période de Noël devient une Trêve de Dieu, c’est-à-dire une période où cessent les querelles et les combats.

À partir du XIIe siècle, la célébration religieuse s’accompagne de ce qui donnera naissance, beaucoup plus tard, aux pièces de théâtre : les mystères. Ces scènes religieuses se jouent d’abord dans les églises, puis gagnent les parvis.

Au XIIIème siècle, c’est la crèche vivante de St Francois d’Assise qui inaugure cette tradition.

Et puis au Moyen Age les manifestations de joie ne se faisaient pas en applaudissant mais plus souvent en criant “Noël, Noël!”

Sources : la France pittoresque ,Wikipédia.

One Response to Noel : un succes medieval.

  1. YouGo says:

    Un historique très intéressant, qui permet d’y voir plus clair entre les différents personnages et leur chronologie. :)

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