Musique neo-medievale

La musique medievale

La musique que nous qualifions aujourd’hui de “traditionnelle” ou “médiévale” est en réalité bien souvent issue de l’époque Renaissance.

Désolée,  j’ai été moi aussi déçue à l’époque d’apprendre que ce que je chante à pleins poumons dans ma voiture en écoutant Tri yann et consort n’a rien de médiéval. *tend un kleenex* Aller on mouche son nez et on y va.

Pour des raisons pratiques, nous distinguerons la musique profane et la musique sacrée.

Avant le XV ème siècle,  nous avons peu d’indices sur la manière dont les textes étaient accompagnés par des chants.  Nous disposons en effet de peu de traces écrites de la musique profane,  traditionnellement transmise de générations en générations. Trouvères, troubadours et ménestrels ont un large répertoire, qu’ils modifient au gré du public et au fil du temps… malheureusement celui-ci est définitivement perdu.

Néanmoins, on peut dire que la musique profane est essentiellement une musique de cours, festive. Le ménestrel est rémunéré en fonction de sa prestation, on comprend donc que l’austérité des thèmes religieux soit plutôt écartée.  Pour les mêmes raisons,  il utilise souvent un petit support musical et parle la langue populaire. Le ménestrel, de château en château, est aussi le porteur de nouvelles qu’il intègre de façon plus ou moins imagée dans son chant.

En ce qui concerne la musique sacrée, en latin évidemment, elle est considérée comme digne d’être écrite et conservée. Nous disposons de quelques partitions.

L’écriture musicale.

C’est les moines musiciens qui ont fixé les règles de la musique. Au Moyen-âge on invente l’écriture musicale, ancêtre de notre système actuelle. Dans un premier temps, les moines choristes ont l’idée de marquer les accents du chant sur le texte latin.  Ils appellent cela les neumes. Elles indiquent au choriste quand le chant monte et quand il descend.

Au environ du Xème siècle, pour affiner le système, on utilise une ligne horizontale comme point de repère. C’est l’hexacorde. Elle est composée de quatre lignes. Puis, on ajoute une lettre, et enfin une lettre  stylisée, en début de ligne pour préciser la hauteur du son…  Les signes étaient de petits carrés noires placés sur ou entre les lignes. C’est la naissance de notre portée actuelle et de sa “clef”.

La paternité de nos notes actuelles revient à Guy d’Arezzo, un moine italien.  Il a constaté que les défauts de mémoire des moines dénaturaient les chants. Il a donc inventé un système de notes fixes pour pallier à la mémoire approximative de l’homme.

Progressivement, on les a coloré en fonction de la durée du son à produire. Elles se sont fixées: chaque note a une position claire et établie.

Pour nommer ses notes, il s’est appuyé sur un chant latin :

Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
sancte ioannes.

Soit : Afin que tes serviteurs puissent chanter à gorge déployée tes accomplissements merveilleux, ôte le pêché de leurs lèvres souillées, saint Jean.

Et finalement ce système est toujours conservé, l’arrivée du si au XVIème siècle et le remplacement de l’ut par le do au XVIIème ne changent pas grand chose au système en lui même.

Pour en savoir plus :

Le site du Centre musicale médiévale de Paris et quelques partitions

Si le volet instrumental vous intéresse : Instrumentsmedievaux.org

3 Responses to La musique medievale

  1. YouGo says:

    Cet article m’avait échappé visiblement.

    Très intéressant en ce qui concerne les fondations de notre système musical actuel qui n’est pas très éloigné de ce à quoi il ressemblait à sa première ébauche.

    Effectivement, la plupart des chants qui nous paraissent médiévaux et sont volontiers repris par des groupes ou artistes jouant sur ce thème sont en fait issus de la Renaissance, les XVè et XVIè siècles étant particulièrement riches de ce point de vue là. La plupart des chants militaires de cette époque ont été préservés, parfois un peu dénaturés car le sens de certains mots n’étant plus compris, il y a parfois des adaptations suivant ce que l’on entend ou que l’on croit entendre !

    Pour ceux qui ne connaissent pas, 3 membres du Naheulband ont sorti en 2007 un album intitulé “Tome 1 : Prends garde aux loups” (le second CD tome devrait arriver incessamment sous peu ) et dans lequel ils reprennent une vingtaine de chansons. Cendre participe d’ailleurs à un site web recensant pas mal de chansons traditionnelles (Medietrad).

    Plus d’informations :
    http://www.belyscendre.com/
    http://www.medietrad.com/

    Y’aurait presque moyen de rédiger un article en fait !

    • Cernunnos says:

      Et bien, peut-être que je devrais publier un peu moins rapidement en ce cas pour que les articles restent plus longtemps en première page… Dis moi ce que tu en penses.

      Par ailleurs, je compte justement quand j’aurais un peu de temps, faire un article là-dessus. En ce moment y’à beaucoup d’idées mais hélas pas beaucoup de temps pour rechercher et mettre en forme. Le tour de ce thème viendra un peu plus tard.

  2. YouGo says:

    Non non, le rythme de publication est bon, je l’avais loupé car j’étais occupé IRL et que je ne squattais pas sur mon PC je pense.

    Tant qu’il y a des idées, il y a du potentiel !

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