Sciences et techniques

Asiles, hospices et hopitaux (2)

La science médicale de cette époque ne permettait pas de guérison bien éclatante. En fait, le service médical ne fut assuré dans les hôpitaux qu’à partir de la Renaissance.

Au Moyen Âge, les médecins étaient presque toujours des gens d’Eglise. Les laïcs qui voulaient embrasser cette profession furent, jusqu’au milieu du XV° siècle au moins, tenus au célibat. On distinguait alors les théoriciens des praticiens. Les premiers avaient suivi pendant trois ou quatre années des lecons données dans les facultés de Montpellier ou de Paris (en Italie l’école de Salerne, puis celle de Bologne ou de Padoue étaient également très renommées).

Ils jouissaient de la considération générale, mais leur science se mêla trop longtemps d’astrologie, d’alchimie, d’oniromancie. Les seconds, moins savants, pratiquaient la médecine selon des méthodes assez empiriques.

A un niveau plus bas se tenaient les barbiers chirurgiens. C’étaient tous des laïcs. L’Eglise, en effet, interdisait aux clercs de verser le sang. Les médecins regardaient donc les chirurgiens comme des subalternes. Gilles de Corbeil, ancien étudiant de Salerne devenu médecin de Philippe Auguste, a fait cette étrange déclaration: “La médecine ne dédaigne pas la chirurgie et peut faire appel à ses conseils, elle ne méprise pas ses usages ni ne conteste ses mérites bien qu’elle se refuse à jouer le rôle infâmant de bourreau.”

Au XIV° siècle, on rencontrait parfois sur les routes, des opérateurs ambulants, ou inciseurs, qui passaient de bourg en bourg. “Ils réduisent les hernies, abaissent les cataractes, extraient les pierres des vessies, châtrent les animaux ou les hommes, appliquent le trépan, incisent les fistules”, raconte Franklin. Moins considérés encore que ces opérateurs, étaient les “rénoveurs”, rhabilleurs, remetteurs, rebouteurs.

La science médicale n’avait, à vrai dire, pas marqué de grands progrès depuis l’Antiquité. “Le diagnostic, expliquent Maurice Bariéty et Charles Coury, se faisait sur l’allure de la fièvre, les caractères du pouls, l’aspect des expectorations, du sang et surtout des urines. L’uroscopie, faite suivant des règles séculaires et minutieuses était réputée infaillible. Le siège de la maladie se déduisait d’après celui du trouble qui apparaissait dans le vase à urines et qui pouvait occuper quatre niveaux différents dont chacun prenait une signification particulière. La couleur du liquide et l’aspect du sédiment avaient aussi leur importance.”

Quant à la thérapeutique, elle ne variait guère. Les moyens de guérison consistaient surtout en saignées, purgations, clystères, ventouses, sangsues, vésicatoires…Que de choses qui, bien souvent, ne faisaient qu’empirer le mal.

One Response to Asiles, hospices et hopitaux (2)

  1. Cernunnos says:

    Ton article est très intéressant.

    En guise de complément, on peut se référer à la revue Médiévales n° 46, parue en 2004 et disponible en ligne ici:

    http://medievales.revues.org/sommaire1188.html

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