Arts militaires

Les machines de siege (2) : artillerie medievale.

Dans notre premier article nous avions évoqué l’héritage antique des machines de siège. Nous allons nous intéresser maintenant d’un peu plus près à l’époque médiévale. Pour cela, je m’inspire toujours de l’excellent travail de Renaud BEYFFEITE dont voici le site. Mes principales sources d’information concernant ses écrits, et particulièrement son livre Historique des méthodes et engins de siège, sont en ligne ici grâce à Fabrice Mrugala.

Notons dès maintenant que la caractéristique commune à toute ces machines est d’être fixe. Nous nous servirons de cette comparaison dans un prochain article ;) .

Usage de la force humaine et principe du levier.

La pierriere

Photo D. Lavigne-Casteran, tirée du livre de R. Beffeyte.

Il semblerait qu’elle ait été utilisée par les Chinois bien avant les Européens.

Elle aurait voyagé par la Route de la soie jusque chez les Maures.

Enfin, elle a été reprise par les Européens au X/XIème siècle.

Il s’agit d’un balancier ( la verge) au bout duquel une poche de cuir est attachée pour contenir les projectiles.

On tire alors sur la corde et la verge vient sur une butée, permettant ainsi au projectile de partir.

Elle est aussi appelée l’arme des femmes car femmes et enfants sont souvent dévolus à la mission de tirer sur ses cordages.

Elle constitue une évolution de l’onagre. On a remplacé la cuillère par une sorte de fronde en cuir et les boyaux qui ne supportent pas l’humidité par des cordes nécessitant la force humaine. On retrouve tout à fait le concept de butée propre à celui-ci.

C’est une arme principalement défensive utilisée tout au long du Moyen-âge sur les remparts. On peut l’utiliser pour lancer des salves de petites pierres ou un boulet unique de 3 à 10kg environ. La portée de tire est assez courte : 40 à 60 mètres. Elle mobilise 8 à 16 personnes.

La bricole
Pour gagner en vitesse et en rapidité, et par conséquent en portée, on ajoute dès le XIIème siècle un contrepoids à l’extrémité des pierrières.

Elles prennent alors le nom de bricoles. L’usage reste toutefois identique à ce qui a été précédemment expliqué.

On utilise la bricole jusqu’à la fin du Moyen-âge.

Sa portée est estimée à 80m environ, le poids des pierres est évalué entre 10 et 30 kg.

Elle nécessite 16 servants.

 

Perfectionnement par usage du contrepoids : toujours plus gros, toujours plus fort, toujours plus loin.

Le mangonneau

Mangonneau à roue, chateau de Tiffauges.

C’est une machine complexe, et souvent de fait imprécise.

Le mangonneau constitue une évolution des concepts précédemment exposés car il permet une portée plus grande.

Celle-ci est estimée, à l’âge d’or de leur performance technique, à plus ou moins 150m et de lancer un poids plus gros plus ou moins 100kg.

Toutefois, il faut nuancer sa toute puissance car son extrême complexité nécessite 15 personnes pour sa manipulation, et son temps de rechargement est d’environ 1 à 2 heures.

On conserve toujours le même concept mais le contrepoids de la bricole est augmenté.Il pèse plusieurs tonnes sur ce type de machine de manière à gagner en vitesse de jet, et donc en portée.

Pour le recharger, un système de poulies et de treuils doit être actionné. On ajoute également des cordes pour gagner un peu plus en rapidité. On ajoute aussi finalement également des roues à carrier qu’on appelle aujourd’hui “roue à écureuil” pour simplifier la recharge.

Le mangonneau est doté d’un contrepoids fixe : il est donc particulièrement imprécis puisque le mouvement de balancier entraine de fait un déplacement sur l’axe de la verge.

Par ailleurs, on peut aussi constater que le phénomène de levier fait forcément bouger les pierres dans la huche (nom de la pièce de cuir en forme de fronde dans laquelle on met alors les pierres qui font contrepoids.) ce qui finit par nuire à la charpente en bois à force de vouloir agrandir les machines.

Son usage est double : il démoralise l’ennemi sur lequel il fait impression et, offensivement parlant, il a pour objectif de faire tomber les remparts et bâtiments en occasionnant un maximum de dégâts sur les hommes présents au passage pour permettre une offensive rapide et moins risquée.

 

Le trebuchet

Pour éviter les contrecoups que subissent les mangonneaux, on va tenter de développer des machines avec un contrepoids mobile qui accompagnerait mieux le mouvement de balancier de la verge : le trébuchet apparait.

Le contrepoids articulé peut peser jusqu’à 18 tonnes. Autant dire qu’une fois posé, le trébuchet est inamovible.

C’est pourquoi il est utilisé comme machine de siège et positionné de façon à briser les remparts comme le mangonneau.

A noter que les ingénieurs développent avec cette machine leur technique : il semble que l’usage des mathématiques ait été suivi de manière plus rigoureuse avec la conception du trébuchet.

Par ailleurs, des essais récents de machines reconstituées prouvent que par temps correct un trébuchet est assez précis pour tirer plusieurs fois au même point d’impact.

Il semblerait d’après des textes d’époque que cet engin jouisse d’une réputation effrayante puisque certaines villes se seraient rendues rien qu’à cause de sa présence sur le champ de bataille.

On estime à la suite d’essais effectués à partir de reconstitution que la portée de tir d’un trébuchet est d’environ 200 m, et qu’il peut envoyer un poids maximum de 125kg environ.

Cependant, sa cadence de tir est plutôt faible : 1 à 2 tir à l’heure. Il faut entre soixante et cent personnes pour l’utiliser.

On peut envisager que sa lenteur est compensée par sa grande précision puisqu’il sera utilisé activement du XIIIème au XVIème siècle avant de disparaître au profit des engins à poudre plus mobiles.

Le couillard ou biffa.

Chateau de Tiffauges (photo R. Beffeyte)(2)(tire du livre de R. Beffeyte)Inventé à la fin du Moyen-âge, et utilisé du XIV ème au XVIème siècle, le couillard est une forme de trébuchet amélioré.

On a tout simplement reparti le contrepoids en deux huches de chaque côté de la verge.

De fait, le couillard est plus facile à construire, à manier, à recharger même si sa portée est légèrement moindre.

On privilégie largement son usage, et il tient même tête plutôt bien face à celui de la poudre jusqu’au XVIème siècle.

Une simple perche plantée dans le sol ou fixée sur un axe est utilisée au départ, les contrepoids étaient des simples sacs de terre.

Le contrepoids du couillard a ensuite évolué puisqu’on a remplacé la terre par des huches en bois cerclées de fer riveté.

Sa portée est estimée à 180m, pour des projectiles de 30 à 80kg.

Moins puissant que le trébuchet, la grande révolution qu’apporte cet engin c’est tout simplement la cadence de tir largement plus rentable que sa simplicité permet : elle est estimée à plus ou moins 10 coups par heure et mobilise uniquement entre 4 et 8 hommes sans tenir compte des artisans. De plus, il est particulièrement polyvalent.

On constate très bien que les machines de siège ont profondément évoluée au fil du Moyen-âge, notamment grâce aux contacts entre les Croisés et les Maures qui ont permis un net transfert de savoirs et de compétences dans les deux sens.

Jusqu’au XVIème siècle, ces machines ont la belle part dans les batailles face à l’imprécision de la poudre et son prix élevé. Pour éviter un article trop lourd, je vais m’arrêter là et je garde pour la suite les autres machines : patience :)

14 Responses to Les machines de siege (2) : artillerie medievale.

  1. Cernunnos says:

    Par avance désolée pour la mise en page pourrie mais ça merde et je comprends pas d’où.

    Mille excuses.

  2. YouGo says:

    Tu as des paragraphes vides, même vides ils entraînent des sauts de ligne, ça explique la mise en page un peu miteuse. :) (faut les supprimer)

  3. Cernunnos says:

    Ils apparaissent pas sur ma page… j’ai supprimé tous les espaces entre les photos… donc comme j’y ai passé trois plombes j’ai fini par laisser ça comme ça.

  4. bellator says:

    Très intéressant cet article, merci ^^

    Existe t il un article sur l’archerie dans ce site ?

  5. bellator says:

    Très intéressant cet article, merci ^^

    Il n’y a pas d’article sur l’archerie de cette époque dans ce site ?

    • Cernunnos says:

      Merci de patienter car pour éviter le spam les commentaires sont mis en attente :) Et je n’étais pas dispo ce week-end pour la validation :) .

      Pour le moment, l’article que vous évoquez n’existe pas encore :) Mais il s’agit d’une excellente idée … à suivre donc :)

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