Arts militaires

Les machines de siege (1) : heritage antique.

Au Moyen-âge, comme à la Renaissance, les représentations de bataille ne tiennent pas compte du réalisme historique. On retrouve ainsi par exemple un Hannibal en cotte de mailles qui franchit les Alpes dans une enluminure visible à la bibliothèque de Tours.

De fait, lorsque Viollet-le-Duc les évoque dans son oeuvre, il n’est pas forcément exact malgré lui car il ne tient pas compte de cela et nous donne à lire des représentations parfois faussées des machines médiévales. Ajoutons à cela les représentations fournies allégrement par le cinéma qui, par économie sans doute, manquent d’exactitude, et nous voilà hors contexte totalement.

Essayons donc de débrousailler un peu tout ça, grâce à l’excellent travail de Renaud Beffeyte dans L’art de la guerre au Moyen-âge. Pour cela, je ferais une petite série de plusieurs articles illustrés.

Les machines de siege : heritage antique.

Les Grecs, puis les Romains influencés par eux, ont élaboré  la poliorcétique en appliquant leurs compétences en mathématiques à l’architecture, la connaissance des matériaux et la balistique.

L’hélépole puis le beffroi, des tours d’assault en bois, sont aussi utilisées. Mais souvent, elles sont trop lourdes pour être déplacées une fois construite et il suffit d’humidifier le sol près des remparts pour repousser celles-ci. Elles ont la particularité d’être onéreuses également. On privilégie donc les techniques de sape et l’usage du bélier.

Eliminer un maximum de defenseurs et faire une percee :

la catapulte ou onagre.

Onagre

Onagre (reconstitution)

“L’onagre ou catapulte est formé d’un bâti souvent monté sur roues On rabat au moyen d’un treuil un levier terminé par une cuillère ou une fronde.

Ce levier est bandé par un écheveau de nerfs et, parfois également par un arc. 

Quand le levier de l’onagre est libéré par une gâchette, il vient frapper un butoir, projetant le projectile de pierre à des distances appréciables sur une trajectoire parabolique.

Les essais effectués en 1860 à l’aide de modèles reconstitués par le colonel Verchère de Reffye au musée de Saint-Germain-en-Laye ont permis d’estimer à 250 m la portée d’un boulet de 2,5 kg.”

La baliste

Même principe.

“Elle comporte deux leviers horizontaux placés comme des branches d’un arc à l’avant de l’affut.

Les extrémités de chaque branches sont engagées dans un écheveau de nerfs vertical, fixé à l’affut, tandis que l’autre extrémité reçoit un des bouts de la corde de l’arc.

Un treuil ramène les branches en arrière. On place le javelot ou le boulet sur une petite glissière.”

Voici une vidéo intéressante qui vous permettra de comprendre comment fonctionne cet arme de siècle. Je déplore juste de ne pas avoir trouvé l’intégralité de ce document en cinq parties en français car l’ensemble des machines de sièges romaines sont traités.

Image de prévisualisation YouTube

 

Le scorpion

Ci-contre, scorpion reconstiué par E. Fourré dans le cadre de sa thèse « Restitution des machines de jet romaines » sous la direction de Ph. Fleury à l’E.R.S.A.M. (Plus de photos et explications scientifiques sur leur site http://www.unicaen.fr/ersam/index.php)

“Le scorpion consiste en un faisceau de lames de bois _ou un jeune arbre dépouillé de ses branches_, fixé verticalement sur une plaque tournante.

Face au faisceau se trouve une poutre verticale percée de  plusieurs orifices situés à diverses hauteurs, dans lesquels ont place des javelots dont la hampe déborde largement vers l’arrière.

Le faisceau, ramené au moyen d’un treuil, est lâché au moment du tir.”

Le concept est assez proche de celui de la baliste, toutefois les traits partent moins loin.

L’avantage de cette machine est qu’on peut tirer une salve et qu’elle est complètement mobile sur elle-même donc je suppose qu’il fallait moins d’effort aux hommes pour la tourner.

L’onagre, la baliste et le scorpion sont utilisées pour dégager les remparts de leurs défenseurs et éventuellement endommager les palissades ou des constructions légères.

Les béliers sur roues sous charpente entièrement en bois, nommée chatte, protégés du feu par des peaux mouillées ou du fumier frais permettent de créer des percées dans les fortifications.

Globalement, les méthodes restent les mêmes au Moyen-âge, mais les techniques changent obligatoirement.

En effet, les machines de propulsion grecques et romaines, utilisent des boyaux d’animaux qui ne supportent pas l’humidité de nos climats européens. Il va donc falloir, sinon les inventer, au moins trouver des palliatifs aux différents problèmes techniques qu’impose notre climat.

La suite au prochain article :)

2 Responses to Les machines de siege (1) : heritage antique.

  1. Lenan says:

    Bonjour
    Trés intéressé par ces machines, je suis animateur de camp de vacances, ou puis je trouver des plans de ces machines, principalement moyen age, pour en faire réaliser en miniature par des enfants.
    Merci d’avance.
    licinius@neuf.fr

  2. Cernunnos says:

    Tout simplement dans violet leduc … après il existe déjà des petits packs tout fait chez certain grossiste en jouet de tailles assez grande pour permettre à tous de participer au montage.

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