Litterature medievale

La figure du diable dans la litterature medievale.

La présence du diable est prégnante dans l’esprit de l’ensemble des chrétiens du XIIème siècle. Cette figure littéraire est à prendre en compte sous diverses aspects : politique, économique et religieux, entre autres.

La vie est entièrement rythmée par l’Eglise : les saints sacrements, les fêtes rituelles, les cloches de l’Eglise. La peur et la présence du diable parmi les hommes ne fait donc aucun doute. Le poids de la morale religieuse sur la société est important. En outre,  cette institution détient le savoir ce qui la met en position dominante culturellement.

Cet aspect de la vie médiévale est difficile aujourd’hui à comprendre et apparaît comme obscurantiste. La conception spirituelle du monde médiéval est bien plus ancrée dans la religion que la notre actuellement. Néanmoins, il ne faut pas la juger à l’aune de notre laïcité actuelle et essayer de la comprendre.

Selon Saint-Augustin, Dieu a autorisé le mal pour laisser à l’Homme son libre arbitre. Ils ont été crée bons, mais se sont perdus d’eux-mêmes (concile de Latran, 1215)

Le diable par définition, issu du grec diabolos, est celui qui divise. Il est celui qui va tenter de corrompre pour séparer les hommes de leur Eglise.Il est donc l’instrument unificateur de cette dernière dans un combat ultime entre le Bien et le Mal qui se joue dans l’âme de chacun des fidèles.

Il est évidemment toujours inférieur à Dieu, donc ne peut remporter intégralement. Chacun se doit de le combattre en son sein comme l’attestent de nombreux textes médiévaux.  Nous sommes donc en présence d’un double mythe qui marque la promotion de la chrétienté.

Nous sommes  bien loin de la quête éternelle du salut comme but de la vie des Chrétiens tel que peut la vivre au quotidien le citoyen lambda lorsqu’on observe les motifs littéraires diaboliques.

On retrouve deux formes diaboliques : celle du corrupteur avide et malin et celle du diable ridiculement laid des fabliaux. Ainsi, face à la pression morale et sociale du groupe, le diable est à la fois craint et dédramatisé. Il est aussi dans le théâtre le personnage qui par essence peut tout se permettre ce qui permet de briser indirectement certains interdits scéniques sans choquer le public, dans des mesures acceptables.

Le diable, c’est le faire valoir des interventions divines, comme la Vierge dans Le Miracle de Théophile. C’est un moyen pour l’institution religieuse de faire valoir celles-ci auprès des fidèles dans les grands spectacles. C’est ainsi que l’Eglise diffuse une identité collective.

Cette image littéraire va profondément évoluer pour devenir un motif de la littérature, à travers Faust entre autre.

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