Arts militaires

Epee : son histoire avant le Moyen age.

épée, épée médiévale, lame medievale, amhe, escrime medievaleCi-contre, épée médiévale :  recréation contemporaine.

L’histoire de l’épée est quasiment concomitante de celle de la métallurgie.

Dans un premier temps, elle est l’emblème de la toute puissance des classes dominantes riches qui peuvent faire venir les matières premières et/ou se faire fabriquer cet objet.

 

Elle devient ensuite l’arme des guerriers de haut rang et se démocratise.

Toutefois, elle garde, au fil de l’histoire, cette symbolique d’objet de pouvoir jusqu’à nos jours. Le propos de cet article est d’expliquer l’émergence de cet instrument.

Nous évoquerons la période médiévale dans un second article afin de rester concis.

Age du Bronze.

épée, épée médiévale, lame medievale, amhe, escrime medievale, schema evolution epeeSur le schéma ci-contre, tirée d’un article espagnol, on peut apercevoir l’évolution global des armements autour du bassin méditerranéen. N’hésitez pas à cliquer dessus pour l’agrandir.

Dans la première moitié du IIème siècle avant J.C., dès l’âge du Bronze ancien, on retrouve la trace d’objet assimilables à des poignards plus qu’à des épées.

Toutefois, ils possèdent déjà ces caractéristiques physiques : une poignée, une lame courte.

Les premières armes ayant la proportion suffisante pour être qualifiées d’épées, apparaissent à l’âge du Bronze moyen, à partir de 1500 avant J.-C.

On les obtient d’un seul tenant en coulant le bronze dans un moule de pierre.

L’usage qu’on en face est similaire à celui d’une lance, autrement dit, privilégie l’estoc. En effet, l’absence de tranchant rectiligne et la fragilité des lames obtenues par ce processus ne permettent pas la frappe de taille.

A la fin de l’âge du Bronze, l’épée fait partie de l’équipement des guerriers d’élites ( épée – casque- cuirasse- lance- bouclier).

Age du Fer

Aux VIIIème- VIIème siècle avant J.C. , premiers temps de l’âge du fer, l’épée est l’arme du cavalier de haut rang.  On en a retrouvé notamment dans les sépultures allemandes de Hallstatt.

Pendant un siècle, le poignard hallstattien à lame courte va la supplanter.

Au Vème siècle, période de la Tène, l’arme réapparaît et se distingue de son homologue hallstattien… Si bien qu’au IVème siècle av. J.C., elle constitue avec la lance l’armement de base du guerrier de rang supérieur. Elles ne sont plus possédées uniquement par les chefs même si ceux-ci devaient probablement disposer d’armes spécifiques comme les épées à poignée anthropomorphe.

La longueur d’une lame d’épée au début de cette période est d’environ 60cm. Il s’agit d’une arme polyvalente, de taille et d’estoc, utilisée aussi bien par les cavaliers que les fantassins à la Tène ancienne.

A la Tène moyenne, on abandonne le char. L’épée devient l’arme principale du cavalier jusqu’à la fin de la période. De fait, elle va subir des évolutions de forme : sa lame s’allonge et perd sa pointe pour permettre la taille.

Periode romaine

Au premier siècle avant J.-C., l’épée est réservée aux cavaliers.épée, épée médiévale, lame medievale, amhe, escrime medievale, sparta, glaive

Sa morphologie est la suivante : bout arrondi, lame de 90cm environ. Toutefois, les celtes de la péninsule Ibérique conservent l’épée courte, le gladius hispaniensis mentionné par Polybe, d’où viendrait probablement le glaive.

Malheureusement, nous n’avons que des hypothèses concernant l’évolution ou l’emprunt effectué par les Romains à savoir, s’ils se sont servis chez les Celtes ibériques ou bien s’ils ont tout simplement adapté l’épée courte de la Tène ancienne.

Ci-contre : épée romaine et son fourreau, exposée au musée d’Arles.

L’armée romaine est la première armée disons “professionnelle” et spécialisée de l’histoire. Chaque troupe dispose d’un armement spécifique en fonction de son rôle.

Polybe explique ainsi dans Histoires que l’épée que nous venons d’évoquer fait partie de l’équipement  des hastati, c’est-à-dire l’infanterie lourde. Il l’a décrit comme une lame de taille et d’estoc, qui se porte sur la cuisse droite.

D’après les fouilles, la lame faisait jusqu’à 75 cm pour une largeur de 4 à 6 cm et était protégée par un fourreau de cuir ou de bois fixé au baudrier.

A l’époque d’Auguste, le légionnaire dispose de l’équipement suivant:  une lance et d’un pilum (javelot qu’on lance ^^, non ce n’est pas une redondance!)  pour le combat à distance, un glaive et un poignard pour le corps à corps.

Progressivement, le glaive et le javelot vont être privilégiés. Ce glaive dit ” type Mayence” comporte une lame de 60cm de long, est soutenu par un baudrier. Sous Claude, la lame passe à 50 cm en moyenne.

L’épée longue (spartha), issue de l’armement de l’auxiliaire, supplante le glaive au IIème siècle apr. J.-C. et continue d’être utilisée avec peu de modifications jusqu’au début du Moyen-âge.

Voilà qui brosse un peu succinctement l’historique très rapide de cette arme jusqu’au Moyen age. Ce qu’il faut retenir c’est que son évolution est à la fois technique et pratique, et que les deux sont indissociables.

De fait, plus les techniques vont évoluées plus elles vont permettre une meilleure efficacité, mais également de nouvelles pratiques dans l’art de manier ses armes. En parallèle, plus la fabrication se développe, plus l’objet devient accessible. Nous reparlerons de ces questions dans la seconde partie de l’article.

 

Source : Histoire antique et médiévale n°27h, L’épée usage mythe et symboles.


3 Responses to Epee : son histoire avant le Moyen age.

  1. Bellator says:

    Un bel article comme d’habitude, merci ^^

    Et le site s’est beaucoup amélioré, bravo à la créatrice ;)

    • Cernunnos says:

      Je m’efforce toujours de faire des choses de qualité aussi bien dans la forme que dans le fond. N’hésitez pas à proposer aussi des améliorations ou des idées si vous voyez des choses qui vous intéresse aussi bien au niveau du site que des articles. Ou même d’ailleurs à proposer vos propres articles en tant que contributeur puisque l’accès à la proposition d’article est donné à toute personne qui s’inscrit sur le site. Je vous remercie en tout cas de votre lecture attentive et du feed-back qu’apporte votre commentaire. C’est toujours précieux pour continuer à progresser. Merci!

  2. Ahenobarbus says:

    Étudiant en histoire romaine, je me permets juste une petite correction :

    “Polybe explique ainsi dans Histoires que l’épée que nous venons d’évoquer fait partie de l’équipement des hastati, c’est-à-dire l’infanterie lourde”

    Les hastati correspondent à de l’infanterie légère. L’armée républicaine romaine est typiquement composée de 4 rangs, d’auxiliaires et de cavalerie sur les ailes. Ces 4 lignes sont les suivantes, de l’avant-garde vers l’arrière-garde :

    Velites : ce sont les plus jeunes et les moins fortunés des citoyens. Ils sont essentiellement armés de javelots et comptent sur leur légèreté et vitesse à la course pour se replier rapidement. Il ne portent aucune protection. Leur rôle est de former un écran devant l’armée et de ralentir l’ennemi en lui lançant d’assez loin une pluie de javelots légers (rien à voir avec le pilum).

    Hastati : jeunes citoyens peu fortunés (20-25 ans), ils forment l’infanterie légères. Ils sont armés d’un gladius, et de 2 ou 3 javelots lourds type pilum. Ceux-ci sont conçus pour se planter dans le bouclier de l’ennemi et le rendre inutilisable. Leur armement défensif comprend un casque, une plaque pectorale en bronze, et le scutum (bouclier long hémicylindrique en bois couvert de cuir, avec renfort en métal à la poignée). Peu expérimentés, ils avaient ordre de se retirer derrière les autres lignes si ils n’arrivent pas à venir à bout de l’ennemi.

    Principes : il s’agit de la véritable infanterie lourde de l’armée républicaine. Leur armement offensif est pratiquement identique à celui des hastati. Ils portent en revanche une cotte d’anneaux* (sur laquelle les plus riches pouvaient faire ajouter des disques de métal) et des jambières. Soldats de 25-35 ans ayant généralement déjà servi comme hastati, ils sont bien plus expérimentés et ce sont en général eux qui décident de la tournure de la bataille.

    Triarii : ce sont les vétérans et les plus fortunés des soldats républicains, âgés de 35-40 ans. Ils sont armés “à l’ancienne”, leur arme principale étant une lance**, et leur bouclier une forme archaïque du scutum. Ils portent également casque et cotte d’anneaux renforcée de plaques métal. Ils se battent donc “à la grecque”, en phalange, et forment un mur de boucliers d’où dépassent les lances. Ils n’interviennent que si les principes sont en difficulté, signe que la bataille est sur le point d’être perdue. En ce cas, ils forment une ligne qui occupe l’ennemi pendant que ceux-ci se replient et se regroupent derrière eux. C’est alors le moment d’une retraite ordonnée où d’une contre-attaque avec les survivants hastati et principes sur les ailes de la ligne de triarii. Leur lance est une arme redoutable contre la cavalerie, ce qui leur permet de protéger efficacement la retraite de l’armée. Bien sûr, ils portent aussi le gladius (comme symbole militaire, mais aussi en cas de corps à corps ou la lance est mal adaptée).

    *bien moins fine et efficace que la cotte de mailles du moyen-âge, il s’agit de deux choses différentes. Elle sera d’ailleurs abandonnée autour de -100 (réformes de Marius) au profit de “l’armure à bandes” (lorica segmenta).

    **cette lance “hasta” équipait toute l’armée des débuts de la république, les hastati ont gardé son nom, bien qu’ayant changé d’armement (littéralement : “les lanciers”).

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