Histoire de la langue

La genese de la langue francaise

Sans rentrer dans des considérations historico-politiques de la formation de l’identité française à travers l’émergence de sa langue ou plutôt de ses langues, il me semble important et intéressant de traiter d’Histoire du français.

Je ne vous apprends rien, en principe, lorsque j’écris que la langue française est une langue romane, descendante plus ou moins directe du latin. La littérature française s’est développée grâce à une suite de ruptures et de rapprochements avec la latinité principalement conservée par l’Eglise. Mais essayons, si vous le voulez d’aller, plus loin.

La conquête romaine des Gaules amène avec elle un latin parlé par les soldats.  Ce latin parlé est loin d’être le latin conventionnel des écrivains que nous connaissons par les textes. Le latin subit donc déjà des altérations significatives puisqu’il est transmis oralement aux peuples occupés.

Lors de l’effondrement de l’Empire romain lors des invasions germaniques, l’Eglise est la seule institution qui subsiste  et assure le maintien de la culture latine. Toutefois, ces altérations s’accentuent grandement au contact de langues nouvelles.

La langue française est donc issue des ruines du latin classique et de l’apport de l’Eglise qui a assuré le maintien de la langue latine plus ou moins en l’état.

On sait qu’en convertissant les barbares germaniques, l’Eglise a pu se maintenir et conserver le patrimoine de la latinité. Elles possèdent les écoles, forme les fonctionnaires, détient les grammaires et autres textes de rhétorique. Elle possède par dessus tout les copistes et les livres.

Au VIème VIIème siècle, l’Eglise se replie sur elle-même sous l’influence du monachisme. Elle tend à devenir une société idéale autonome.  Néanmoins, elle continue d’assurer la sauvegarde des textes latins tout en marquant des évolutions notables : C’est la naissance de la versification des futures langues vulgaires.

A partir du VIIIème siècle, les Carolingiens font de réels efforts pour assurer une meilleure formation des fonctionnaires royaux pour remettre sur le devant de la scène l’enseignement des auteurs classiques.

Un phénomène de la plus haute importance se produit durant cette même période.  La langue parlée ou vulgaire, (de vulgus : le  bas peuple) est si différente du latin que ceux qui n’ont pas fait d’études ne peuvent plus le comprendre. On ne sait rien de la manière dont cette rupture dans la latinité s’est faite.  On possède simplement quelques glossaires qui donnent les équivalents en latin classique de mots en latin vulgaire (le glossaire de Reicheneau IXème – Xème siècle par exemple).

Plus les Carolingiens tentent des réformes pour restaurer le latin classique, plus le divorce entre les deux langues grandit même si on ne sait pas exactement de quelle manière  se produit l’interaction entre les deux.

Au Xème siècle, on constate que la langue latine est hypercorrigée, ce qui poussent certains historiens  à croire qu’elle n’est plus la langue naturelle des gens qui l’écrivent.

On considère donc que la lingua rustica est perçu dès le IXème siècle comme une langue bien différente.

En 813, un canon du concile de Tours invite les prêtres à prêcher en langue populaire romane ou teutonne. La lingua rustica rentre donc officiellement dans le domaine de l’oralité.

L’avènement de cette rupture sera le premier texte écrit officiel des Serments de Strasbourg que j’ai déjà évoqué dans un autre article.

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