Arts militaires

Epee : son histoire a partir du Moyen age.

Nous avons évoqué dans l’article Epee : son histoire avant le Moyen age l’historique de l’épée de l’age de Bronze à la fin de l’Empire romain. Dans cet article nous allons enfin pouvoir nous plonger dans l’époque qui nous intéresse : le Moyen age.

Les caractéristiques de l’epee medievale

Je ne reviendrais pas ni sur l’anatomie de l’épée ni sur les typologies que j’ai déjà abordé dans L’épée: un objet complexe.

L’épée médiévale côtoie en réalité un armement plus spécifique et plus efficace sur une action précise : la lance de fantassin ou la lance de cavalerie, les armes d’hast notamment.

Pourtant, l’épée est restée et demeure actuellement dans l’inconscient collectif l’arme médiévale par excellence sans doute aussi parce qu’elle est sortie du lot par son poids symbolique que nous avons évoqué également dans l’article précédent.

Ci-contre : évocation contemporaine d’une arme médiévale.traité arme, AMHE, traite combat, épée moyen age, epee moyen age, combat moyen age, utilisation epee

Il est important de revenir sur les caractéristiques physiques de celle-ci.

D’une part, l’arme médiévale coupe par rapport aux périodes précédentes, et particulièrement bien vu les crânes et autres ossements dont nous disposons à ce jour.

D’autre part, elle semble être une arme à la fois offensive et défensive particulièrement intéressante au corps à corps.

Il ne s’agit pas d’un objet lourd, contrairement à l’idée reçue qui lui donnerait un poids moyen d’une dizaine de kilos. Un tel poids correspond approximativement à celui d’un pack de bouteilles d’eau.

Quand on voit à quel point il est difficile pour nous de transporter ceux-ci, il parait impossible de se battre efficacement avec une arme de ce poids.

En réalité, on estime le poids moyen d’une épée médiévale autour de 1.5kg / 2 kg.

On comprend aisément que les personnes du XIXème siècle qui se sont intéressés à ces armes les aient trouvées lourdes puisqu’ils cherchaient à les utiliser comme un fleuret et avec leurs techniques contemporaines d’escrime. De ce fait, les idées reçues concernant une escrime médiévale grossière et maladroite ont pu se développer jusqu’à nos jours.

Arme medievale et pratique du combat.

traité arme, AMHE, traite combat, épée moyen age, epee moyen age, combat moyen age, utilisation epeeCi-contre : Ouvrage exposé au Musée national du Moyen-âge de Cluny (Paris), lors de l’exposition Epée : usages, mythes et légendes.

Plusieurs aspects sont alors à prendre en compte dans les paramètres du combat médiéval.

L’aspect purement technique de l’objet et des moyens de protection, et le facteur humain (technique du combattant, expérience, aptitudes physiques).

 

Autant de paramètres qui sont extrêmement difficiles à appréhender historiquement évidemment.

A priori, l’épée médiévale dériverait de la spartha romano-germanique caractérisée par une lame à la gorge large, des tranchants effilés parallèles ou presque, une pointe peu prononcée.

Le centre de gravité de celle-ci est généralement avancé si bien qu’elle permet à la fois les coup de taille tout en pouvant également servir pour l’estoc.

La lame de l’épée s’accroît progressivement en relation avec les évolutions techniques du bouclier.

Celui-ci s’allonge et on abandonne la manipule centrale (poignée du bouclier placée derrière l’umbo, bosse métallique au centre du bouclier couvrant la main) au profit d’énarmes qui sont des sangles de cuir qui rendent la manipulation plus aisée et une meilleure répartition du poids.

L’épée doit donc évoluer pour atteindre l’adversaire : outre la lame plus longue, la gorge se rétrécit, la garde se développe en envergure et s’incurve vers la lame, le pommeau en noix de brésil favorise une meilleur préhension en déliant le poignet.  En parallèle à ces évolutions techniques, on commence à voir apparaitre dans la littérature les premiers termes d’escrime.

Evolution au fil du Moyen age.

Au XIIIème siècle, outre la frappe, la frappe d’estoc est mentionnée notamment chez Guillaume Guiart qui évoque ainsi dès 1302 les coups d’estoc portés par les Français sous les aisselles des Flamands tandis que ceux-ci lèvent leurs épées à deux mains. Les pointes s’affinent donc, et les lames deviennent plus raides.  L’importance du liage grandit.

Au XIVème siècle, la forte arrête médiane apparaît, tout en conservant bien sûr les capacités de coupe de la lame. La section losangique de celle-ci permet une meilleure technicité des tranchants. Selon l’usage, l’arme est destinée plutôt à l’escrime ou plutôt optimiser pour abattre un homme en armure. Dans la continuité du XIIIème, l’arme est tenue à une main ou deux en fonction de l’objectif à atteindre et des techniques d’escrime choisies.

Au XVème siècle, des épées mixtes existent, jouant notamment sur poignée et pommeau pour permettre un usage varié de l’objet.

Pour aller plus loin dans cet historique, il faut s’intéresser aux typologies que j’ai déjà mentionné, qui détaillent justement les différentes variations au cours des différentes périodes, sans pour autant prendre pour argent comptant les conséquences supposées de celles-ci.

Il n’existe pas au Moyen-âge, pas plus que maintenant, une nomenclature précise des usages des armes même s’il est fait mention dans les textes d’appellation parfois spécifique. D’ailleurs, il semble plus vraisemblable que, l’apprentissage se faisant dans l’action auprès d’un maître, celle-ci aurait été inutile.

Source : Histoire antique et médiévale n°27h, L’épée usage mythe et symboles

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