Arts militaires

Premiere croisade : le siege de Jerusalem.

jérusalem medievale, armée féodale, croisades, guerre, histoire médiévale, première croisade, évènement historique, Jérusalem, siège de Jérusalem, prise de Jérusalem, 1099.

Le 7 juin 1099, après trois ans de route, les Croisés arrivent en vue de Jérusalem.

La ville est particulièrement bien défendue par ses remparts et les fossés qui l’entourent.

Un soutien militaire est en partance d’Egypte.

Elle est préparée au siège et la population chrétienne est chassée pour éviter toute trahison.

Un anonyme témoigne :

Et nous, exultant d’allégresse, nous parvînmes jusqu’à la citée de Jérusalem le mardi, huit jours avant les ides de juin et nous l’assiégeâmes admirablement.

Robert de Normandie l’assiégea du côté nord, près de l’église du premier martyre saint Étienne, à l’endroit où il fut lapidé pour le nom du Christ ; à sa suite était Robert, comte de Flandres.

A l’ouest, ce fut le duc Godefroy et Tancrède qui l’assiégèrent. Le comte de  Saint-Gilles l’assiégea au midi, sur la montagne de Sion, vers l’Eglise de Sainte-Marie, mère de Dieu, où le Seigneur célébra la Cène avec ses disciples.

Très vite, la saison estivale approchant, le ravitaillement en eau va poser un réel problème. L’ennemi avait pris soin de rendre les points d’eau inutilisables ou inaccessibles. L’eau était vendue très chère.  En outre, le ravitaillement en nourriture de l’armée chrétienne devient rapidement difficile et assez aléatoire. Ainsi Guillaume de Tyr écrit :

La chaleur ardente du mois de juin accroissait encore l’incommodité de la soif et rendait plus pénible à chacun cet état continuel de suffocation, sans parler même de l’excès de travail et d’abondance de poussière, qui ne laissaient pas aussi de dessécher le palais et la poitrine.

Les Croisés sortaient du camp en secret et se dispersaient dans les environs pour chercher de l’eau de tous les côtés avec le plus grand soin ; ils marchaient par petits détachements, et , au moment où ils croyaient avoir trouvé quelque filet caché, ils se voyaient aussitôt entourés par une immense multitude  de gens occupés aux mêmes recherches ; quelquefois, lorsqu’ils avaient découvert quelque source, il s’élevait entre eux de vives querelles ; ils cherchaient à se repousser les un les autres, et souvent on en venait à se battre.

L’echec du 13 juin.

Sur les conseils d’un vieil ermite rencontré sur le Mont des Oliviers le 12, la date de l’attaque est portée au 13 juin. Les Croisés ne déméritent pas mais leur attaque échoue faute de matériel de siège adapté pour dépasser la première muraille comme l’explique ce témoignage anonyme :

Le lundi [13 juin] nous attaquâmes vigoureusement la ville avec un élan tel que, si les échelles avaient été prêtes, la ville tombait en notre puissance.

Cependant, nous détruisîmes le petit mur et nous appliquâmes une échelle au mûr principal ; nos chevaliers y montaient et frappaient de près les Sarrasins et les défenseurs de la ville à coups d’épées et de lances. [...]

Pendant ce siège nous ne pûmes trouver de pain à acheter pendant l’espace de dix jours, jusqu’à la venue d’un messager de nos navires, et nous fûmes en proie à une soif si ardente, qu’en éprouvant les plus grandes frayeurs, nous faisions jusqu’à six milles pour abreuver nos chevaux et autres bêtes. [...]

L’assaut se termine donc par un repli et des pertes assez lourdes. C’est pourquoi les chefs de guerre francs décident de faire construire des armes de siège à partir du 15 juin.

Le bois nécessaire est apporté par bateaux au port de Jafa. Le convoi  pour le ramener à  Jérusalem est intercepté par les troupes égyptiennes,  mais sauvé de justesse par une intervention de Raymond de Pilet.

[...] Nos seigneurs étudièrent alors les moyens d’attaquer la ville à l’aide de machines, afin de pouvoir y pénétrer pour adorer le sépulcre de notre Sauveur.

On construisit deux châteaux de bois et pas mal d’autres engins. Le duc Godefroy établit un château garni de machines et le compte Raymond fit de même.

Ils se faisaient apporter du bois des terres lointaines. Les Sarrasins, voyant les nôtres construire ces machines fortifiaient admirablement la ville et renforçaient les défenses des tours pendant la nuit.[...]

Les conditions de vie du camp sont toujours aussi effroyables et le moral est au plus bas. Les barons se disputent déjà l’avenir de la ville… Mais l’annonce de l’arrivée prochaine sur la ville des troupes égyptiennes les obligent à s’unir pour prendre la ville le plus rapidement possible.

Une nouvelle vision.

armée féodale, croisades, guerre, histoire médiévale, première croisade, évènement historique, Jérusalem, siège de Jérusalem, prise de Jérusalem, 1099, procession, adhemar de MonteilC’est, une fois de plus, la vision un évêque provençal qui va galvaniser les troupes, Pierre Desiderius.

Il prétend avoir vu l’évêque Adhémar de Monteil qui lui aurait ordonné de faire  jeûner l’armée, d’effectuer une procession pieds nus  autour de la ville pour assurer la victoire sous neuf jours.

Celle-ci à donc lieu le 8 juillet. Les tours d’assaut, elles, sont prêtes le 10 juillet 1099.

[...] Puis nos seigneurs, ayant reconnu le côté le plus faible de la cité, y firent transporter dans la nuit du samedi [9 au 10 juillet] notre machine et un château de bois : c’était à l’est.

Ils les dressèrent au point du jour, puis ils préparèrent et garnirent le château le dimanche, le lundi et le mardi. Dans le secteur sud, le compte de Saint-Gilles faisaient préparer sa machine. [...]

Ultime assaut.

armée féodale, croisades, guerre, histoire médiévale, première croisade, évènement historique, Jérusalem, siège de Jérusalem, prise de Jérusalem, 1099, plan prise de la JérusalemL’assaut est donné le 13 et le 14 juin, sans toutefois ébranler les murailles de la cité dans un premier temps.

La première enceinte est franchie, mais toute la journée du 14 est nécessaire pour boucher les fossés afin d’approcher les engins de siège au plus près.

Le 15 au matin, Godfroy est en position mais les troupes placées au sud rencontrent de grandes difficultés.

C’est le 15, aux environs de midi, que les Croisés réussissent leur percée et s’infiltrent rapidement dans la brèche grâce aux échelles :

[...] Puis, à l’approche de l’heure à laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ consentit à souffrir pour nous le supplice de la croix, nos chevaliers postés sur le château se battaient avec ardeur, entre autres le duc Godefroy et le comte Eustache son frère.

A ce moment, l’un de nos chevaliers, du nom de Liétaud, escalada le mur de la ville. [...].

armée féodale, croisades, guerre, histoire médiévale, première croisade, évènement historique, Jérusalem, siège de Jérusalem, prise de Jérusalem, 1099, conquete de jerusalem

 

Le gouverneur de la cité, pressé par les troupes de Raymond au sud, se réfugie dans la tour de David.

Il finit par se rendre lorsque la percée au nord rend la ville définitivement perdue.

Après négociation, Godefroy le laisse partir avec le reste de ses troupes jusqu’à Ascalon en échange de la ville.

Un massacre s’en suit, comme le narre Guillaume de Tyr:

Les autres princes après avoir mis à mort dans les divers quartiers de la ville tous ceux qu’ils rencontraient sous leurs pas, ayant appris qu’une grande partie du peuple s’était réfugiée derrière les remparts du temple, y coururent tous ensemble, conduisant à leur suite une immense multitude de cavaliers et de fantassins, frappant de leurs glaives tous ceux qui se présentaient, ne faisant grâce à personne, et inondant la place du sang des infidèles.

Ils accomplissaient ainsi les justes décrets de Dieu, afin que ceux qui avaient profané le sanctuaire du Seigneur par leurs actes superstitieux, le rendant dès lors étranger au peuple fidèle, le purifiassent à leur tour par leur propre sang, et subissent la mort dans ce lieu même en expiation de leurs crimes.

On ne pouvait voir cependant sans horreur cette multitude de morts, ces membres épars jonchant la terre de tous côtés, et ces flots de sang inondant la surface du sol.

Et ce n’était pas seulement ce spectacle de corps privés de vie et dispersés çà et là en mille pièces qui inspirait un sentiment d’effroi; la vue même des vainqueurs couverts de sang de la tête aux pieds était également un objet d’épouvante, et le signal de nouveaux dangers.


Nous voilà donc arrivé au bout de cette trèèèèès longue série d’articles sur la première croisade… il était temps me direz-vous. Ne m’en voulez pas, mais je pense attendre un peu avant d’entamer la deuxième. J’ai comme une petite envie de changer un peu de sujet… et je n’oublie pas qu’avant ça, je vous ai promis dans un autre article de revenir sur la création des Etats latins d’Orient et Baudoin. Ca m’en fait des choses à faire … mais ça va venir.

You must be logged in to post a comment.