Illustrations

Charline : les Sentiers feeriques.

Je me suis rendue compte ces derniers temps dans mes activités que je donnais trop la part belle à l’écrit (parce qu’étant littéraire, forcément j’aime ça. ). Sauf que le visuel est aussi important que le texte et peut aborder beaucoup de choses, attirer d’autres sensibilités en touchant les sens différemment.

J’ai ajouté sur le site la section “Pérégrinations visuelles”  dont l’objectif est de vous faire voyager un peu dans l’imaginaire. Passion médiévale, n’en déplaise aux gens cloisonnés, touche à l’ensemble des “passions médiévales”.  Qu’elles soient purement historiques et artistiques ou issues de l’imaginaire folklorique contemporain, toutes les passions ont leur place sur ce site contributif, et j’y tiens car c’est une de ses spécificités.

Pour ouvrir le bal, j’aimerais vous présenter une charmante dame que j’ai rencontrée la première fois sur le festival Zone Franche de Bagneux en 2008, puis dans différentes fêtes médiévales ensuite. Elle m’a tout simplement émerveillée par sa capacité à faire naitre un personnage sous mes yeux tout en tenant une discussion le plus naturellement du monde comme si, un peu magicienne, elle faisait apparaitre son personnage au bout du crayon comme on sort un bouquet de sa manche. Il s’agit d’une jeune illustratrice, Charline, qui a bien voulu se prêter au jeu d’une interview par mails interposés.

 

Bonjour et merci d’avoir accepter de répondre à nos questions sur Passion médiévale. Pour commencer,  qui est Charline ?

Charline est simplement une rêveuse passionnée qui met sur papier des univers imaginaires afin de les partager avec le public lors des festivals et des salons.

Description concise mais très efficace. Ayant moi-même grandement apprécié votre convivialité et votre accessibilité sur différents événements, je ne peux que confirmer que c’est un plaisir pour les gens qui apprécient votre travail de converser avec vous.  Pourriez-vous nous en dire plus sur votre parcours en tant qu’artiste ?

Enfant, je dessinais déjà beaucoup. J’adorais inventer d’étranges personnages et leurs costumes, leurs lieux de vie. Avec le temps, l’amour du dessin ne m’a pas quitté. J’ai donc décidé de choisir un lycée avec en option obligatoire les Arts Plastiques.

En classe, notre professeur était un passionné d’art, et nous faisait réaliser toutes sortes de travaux. Ses cours théoriques étaient assez denses, mais grâce à cela, on comprenait mieux l’histoire des tableaux.

Après cela, j’ai poursuivis dans une fac d’arts. Les écoles permettent d’apprendre différentes techniques, mais il faut préciser que les projets personnels et la curiosité contribuent à développer son travail. Bref, faire sa petite cuisine personnelle dans son coin, c’est très important.

Les compétences scolaires seules ne suffisant pas à créer à un univers artistique, quelles sont vos sources d’inspirations ?

Il y en a plusieurs dont j’admire le travail, la technique et la personnalité. Ce qui me touche particulièrement, c’est la sensibilité qui est mise dans leurs œuvres. Pour en citer quelques uns, toutes époques confondues : John Bauer, Arthur Rackham, Alan Lee, Le Caravage, Rembrandt, Kinuko Y Craft, Nathaële Vogel, P.J.Lynch, Joséphine Wall, Léonard De Vinci, Patrick Woodroffe, Brian Froud, Friedrich, et j’en passe….

Il y a aussi de nombreuses plumes d’écrivains comme celles de Tanith Lee, Lewis Carroll, David Eddings, Pierre Dubois, Tad Williams, Mary Norton, Diana Wynne Jones,

J.M Barrie….Bref….La liste est longue. Je les ai découvers au fil des années, et je pense qu’il y a encore pas mal d’artistes à découvrir. 

Le travail de certains sculpteurs et d’architectes me parle également beaucoup….

Sinon, pour réaliser mes illustrations, je m’inspire beaucoup de la nature. J’aime l’observer et découvrir toute sa richesse. La Faune, la Flore, mes pinceaux et crayons. Rien de mieux.

 

Vous êtes très éclectique Charline. La simplicité des outils de prédilection et l’espèce d’innocence qu’on retrouve dans certains de vos personnages cachent donc en réalité une sensibilité complexe et nourrie de nombreuses références.  Mais venons-en à votre propre univers : comment le décririez-vous  ?

Comme une fenêtre ouverte sur l’imagination. J’aime que l’observateur curieux puisse cheminer à travers les paysages que je crée. Découvrir les personnages, drôles, étranges, parfois mystérieux.

Le travail des atmosphères à l’aquarelle est pour moi très important. Créer des ambiances particulières, les faire varier par de simples gestes et les couleurs, même parfois avec juste du crayon gris, c’est très intéressant. On se sent comme un explorateur et un chercheur créant un monde sur une feuille. Comment le traduire ? Comment réaliser tel effet ? etc… Bref, il y a toujours des surprises et des découvertes lorsqu’on dessine ou que l’on peint.

 

Justement, en parlant de découverte, quelles sont vos actualités en ce moment ?

Eh bien, actuellement, avec Evelyne, je suis en plein bouclage des « Fabulines Enchantées » qui se présente comme un grimoire illustré de contes merveilleux. Il sortira fin octobre cette année. Donc, sous très peu ! Il regroupe de nombreux crayonnés et plusieurs illustrations en couleurs. Tout cela mis en mots par Evelyne, qui a un style d’écriture très sensible et poétique. Je suis vraiment heureuse qu’elle ait accepté de développer certains projets avec moi. Son travail donne aux illustrations toutes leurs dimensions, et nous fait voyager.

Le travail fait écho à notre premier projet, « Le murmure des Chimères » sorti en 2010.

Celui-ci était de forme assez sobre afin de mettre en avant le travail graphique noir et blanc des crayonnés. Ayant reçu un bon accueil auprès du public, nous nous sommes alors dit qu’il serait peut-être intéressant de développer un projet plus conséquent dans la forme et le contenu. De là est venu l’idée des « Fabulines Enchantées ».

Notre idée générale, pour ces deux projets était de ne cloisonner ni les textes, ni les illustrations afin que le lecteur puisse poursuivre lui-même son voyage vers l’imaginaire en compagnie des personnages. Pour chacune, il a donc fallu réfléchir à la manière d’aborder notre travail. Nous expliquons tout cela sur le site de notre petite maison « Brins d’or » : http://brinsdor.free.fr (ouverture vers le 26/27 octobre de cette année), dans laquelle on peut voir une partie des illustrations, des contes, les étapes de travail, et les informations sur tout cela.

 

Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, et aussi le plaisir de vous revoir si je le peux, où peut-on vous rencontrer dans les mois à venir ?

Quelques festivals sont prévus en fin d’année. Celui où Evelyne et moi allons étrenner ensemble les « Fabulines Enchantées » sera le festival des Val’Imaginaires, au Val Joly, dans le nord de la France. Il se déroulera du 29 octobre au 1er Novembre.

Ensuite, de mon côté, je serais au festival féerique « le Temps d’un Songe » à Bourg en Bresse, mi novembre.

Je clôturerai l’année avec le salon du livre jeunesse de Rouen, où j’y serai le samedi 3 décembre. Mais pour 2012, il y aura d’autres dates, donc, d’autres occasions d’aller à la rencontre du public.

 

Dernière question, si vous aviez un conseil à donner à un jeune illustrateur, que lui recommanderiez-vous ?

De toujours rester fidèle à lui-même dans ce qu’il fait, au travers de ses travaux. Etre curieux et ouvert afin de pouvoir progresser.

S’il est passionné et désire poursuivre dans l’illustration, se constituer un book avec des projets personnels, aller à la rencontre des auteurs et des éditeurs lors des festivals, se renseigner sur les conditions du métier, afin d’être au clair avec les contrats qu’on pourrait lui proposer. Il y a de très bons sites qui informent de nos jours.

En premier lieu, je lui conseillerais de faire un tour sur le site de la Charte des illustrateurs, qui est une base à connaître. Il faut aussi savoir que ce métier est aussi passionnant que difficile. Le temps y joue un rôle important. Le temps de trouver les idées de projets, les faire mûrir, le temps de les réaliser, le temps de les présenter…

Pour citer Gandalf, je dirais donc que l’important, c’est de savoir quoi faire du temps qui nous est imparti…. Voilà. Merci en tout cas pour cette interview.

Merci à vous, Charline, d’avoir inauguré notre nouvelle section Pérégrinations visuelles sur Passion médiévale. A bientôt sur les salons.

 

 

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